jeudi 24 novembre 2005
Decalée...
Mon ventre commença enfin à grossir, mais ce qui me surpris le plus, c'est de voir mes seins gonfler.
Enfin, je découvris ce qu'était qu'avoir des seins!
"Planche à pain" :tel avait toujours été mon surnom depuis mes 12 ans.
Mes deux grandes sœurs en avaient, elles.
Je les trouvais tellement belles!
J'avais un petit pincement au cœur lorsque je voyais leur soutien-gorge, moi et mes éternelles brassières.
J'eus droit à un scandale le jour où j'empruntai un de ceux trop petits de Déborah.
Depuis, j'ai été considérée comme officiellement jalouse de sa grosse poitrine.
Non! Admirer ne veut pas dire jalouser, être fière de ma sœur ne veut pas dire l'envier…
Je voulais juste avoir l'honneur de porter quelque chose à elle, mais elle m'en fit un jugement dernier…
Bref, de voir les deux grosses masses proéminentes qui cachaient mes pieds, je compris que je préférais de loin mes deux "œufs sur le plat"!
Ne pas pouvoir croiser mes bras correctement me gênais.
Le regard ironique de mes frères me faisaient rire, le regard interrogateur de mon père me gênait.
J'étais heureuse de voir ma grossesse avancer.
Mais je commençais à trouver le temps un peu long.
Puis je me décidai enfin à voir un gynécologue, choisir ma future maternité…
Avec l'aide de Maman, nous primes rendez-vous.
Je voulais absolument que ce soit une femme.
Je m'imaginais mal montrer mon intimité à un vieux vicieux.
Je ne voyais d'autre motivation que le vice qui aurait pu pousser un homme à observer une vingtaine de vagins par jour…
Et rien que l'idée de devoir écarter les jambes me faisait trembler d'avance…
En attendant je retournai à l'Église, j'avais besoin de me sentir entourée, dans un milieu familier et rassurant.
Je dus assumer ma grossesse face aux autres.
J'eus droit à une disqualification.
Ce qui n'est pas une excommunication, mais un peu quand même…
A l'époque je fis la connaissance d'Audrey et de Carole, qui m'intégrèrent dans leur groupe d'amis.
J'aimais sortir de temps en temps avec eux.
Mais toujours un fossé me séparait d'eux.
J'avais "pêché".
Les garçons à qui je plaisais se défilaient dès qu'ils apprenaient que j'étais enceinte…
Je me préparais à élever mon bébé toute seule.
Je n'avais pas peur, mais j'étais très triste.
Je voulais un amour avec lequel partager un foyer, les joies que me procurerait mon enfant. Mais j'étais à la fois soulagée.
Je ne voulais pas partager cette petite chose que j'avais la chance d'avoir.
Un jour je suis parti avec mes deux amies voir un copain.
Il y avait beaucoup de jeunes, mais je faisais partie des gamines en apparence.
Il y avait 2 ou 3 filles de 28-29 ans qui s'étaient extasiées de me savoir enceinte à mon âge (elles attendaient désespérément l'homme idéal et étaient encore vierges).
Décalée.
Toute cette journée je me sentis décalée.
On jouait aux cartes depuis plusieurs heures et lasse de leur conversation, je glissais plein de cartes sous mes fesses.
Je riais intérieurement devant leur grandes exclamations chaque fois que je gagnais!
Au bout d'un moment une douleur dans le bas-ventre me lancina.
Je ne dis rien, mais je décidais de partir. Je saluais tout le monde et me levais.
Triomphante devant leur regards choqués et ironiques face au tas de carte gisant à ma place, je partis.
Arrivée à la maison, de violentes crampes m'alarmèrent.
Terrorisée, je me rendis compte que je perdais du sang.
Mon bébé, non!
Pourquoi me l'enlever?
Je suppliais le ciel de me le laisser.
Je promis d'être une mère parfaite, exemplaire.
Mes parents me conduisirent aux urgences.
J'étais effroyablement paniquée.
Ne pas réfléchir.
Ne pas penser.
Encaisser.
Encaisser.
Ne pas respirer.
Souffler.
Ne pas… Pleurer.
Se concentrer sur les lueurs des lampadaires le long de la route.
Ne pas rencontrer le regard inquiet de Maman.
Encaisser.
Ne pas respirer.
Ne pas pleurer………..
Mon père conduisait vite, dans sa conduite, on sentait son inquiétude.
Je le voyais jeter constamment des coups d'œil dans le rétroviseur.
Il surveillait mes grimaces de douleur.
J'essayais de ne pas gémir ni de laisser transparaître ma détresse.
Je savais que c'était des contractions, cette douleur qui me transperçait les reins, me tordait le ventre.
Je sentais le sang qui continuait de couler…
Ne pas pleurer…
Arrivés à l'hôpital, je fus prise en charge de suite par une sage-femme pleine de complaisance et de délicatesse.
Elle me demanda d'ôter "le bas".
Je ne compris pas, paniquée comme je l'étais!
Elle me montra son pantalon avec un sourire et dit qu'elle n'allait tout de même pas me montrer l'exemple!
Gênée, je lui avouai que je n'avais pas l'habitude de me faire examiner cette partie-là du corps.
C'est là qu'elle comprit.
Elle n'avait pas dû remarquer mon visage juvénile.
Elle m'expliqua qu'il fallait mettre les pieds dans les étriers, et de me détendre.
J'acquiesçai poliment et lui dis avec toute la diplomatie possible qu'il était hors de question que j'étale mon intimité entre deux étriers.
Que je n'étais ni une pouliche, ni une exhibitionniste!
Elle fut prise d'un fou-rire et pendant deux secondes, je souris et j'oubliai ma douleur!
Puis une crampe me terrassa.
Convaincue que je ne pouvais rester comme cela, je me laissai faire.
Je fermai les yeux si fort que lorsque je les rouvris des litres de larmes brûlantes jaillirent.
Je rabattis rapidement le drap sur ma nudité, et recroquevillai mes genoux sur mon ventre douloureux.
En essayant de ravaler mes sanglots, je parvins à articuler la question qui me tenait le plus à cœur: "Il est toujours là? Est-il encore vivant?"
Pour toute réponse, elle souleva doucement les draps et avec un sourire qui se voulait rassurant, m'appliqua un truc froid sur le ventre et soudain, j'entendis le cœur de mon bébé pour la première fois.
Il battait si vite!
Je pensai qu'il frôlait la crise cardiaque, mais amusée, cette femme formidable m'expliqua que c'était tout à fait normal, que tous les cœurs de bébés battent rapidement.
Puis on m'emmena sans plus tarder à la salle d'échographie.
Un docteur d'un certain âge m'attendait.
Je me crispai, mais je savais qu'il n'avait besoin que de mon ventre pour son examen.
Lorsqu'il posa la sonde sur ma peau, j'eus la surprise de voir apparaître l'image sur un grand écran juste devant moi.
Je ne pus réprimer un cri d'émerveillement.
Impassible, le médecin entreprit de me labourer le ventre de long en large.
J'essayai d'apercevoir mon bébé au milieu de toute cette neige, mais j'étais perdue et déçue. Je n'osais pas respirer, du coin de l'œil je guettais la moindre émotion sur son visage, mais rien ne transparaissait.
Finalement, je lui demandais timidement quel était le problème.
Il eut soudain l'air de réaliser que son champ était en fait un ventre qui appartenais à la jeune femme allongée sur cette fichue table dure comme de la pierre.
Il ne répondit pas, avec un sourire obligé, il demanda à l'infirmière d'appeler deux collègues.
Trois minutes plus tard, une armée de blouses blanches entra dans la pièce, suivis timidement de ma mère, très inquiète.
Rassurée qu'elle soit près de moi je lui serrai la main tandis que le grand ponte expliquait en latin à tous ses internes ce qu'il voyait dans mes boyaux.
Ma mère dut poser la question un peu plus fermement que moi, alors il daigna enfin expliquer.
Tout d'abord, mon bébé était vivant et en bonne santé, quoiqu'un peu petit pour un fœtus de 4 mois, ensuite, il distinguait deux cavités utérines: une où se trouvait le petit, l'autre était vide et un caillot s'était formé, ce qui justifiait l'hémorragie.
Puis le verdict tomba: utérus bicorne.
Je ne mènerais probablement pas ma grossesse à terme, les contractions seraient omniprésentes et l'alitement complet obligatoire si je voulais avoir une infime chance de garder mon bébé jusqu'à une date où il serait viable…
Il garda le reste pour la fin: c'était une petite fille…
La dernière phrase seule compta à mes yeux.
Je savais qu'elle vivrait.
Je savais qu'on allait se battre toutes les deux.
Quel qu'en soit le prix…
J'étais prête à payer.
Commentaires
Voalààààààààààà!!
Pour toi Abstruse... ;0)
hannnnn
ben oui mais nonnnnnnnn
ne me laisse pas dans ce suspens !
rahhhhhhhhhhhh je meurs !
je sens que la suite ne va pas être drôle
ché pas pourquoi une idée comme ça ...
des bizzzzz , c'est dur d'écrire parfois hein ?
SOUPIR
mais...
... mais qu'est-ce-qu'il se passe chez Canalblog ?
Mes com. n'apparaissent pas (déjà chez Abstruse)...
Deuxième tentative pour te dire qu'il faut nous raconter la suite, et vite !
:-(
...
et la suite alors vilaine tu sais comment nous faire languir a ce que je vois!!!
j'espere que ce ne sera pas trop long et qu'on pourra se parler un peu sur msn ca fait longtemps...
gros bisous
Ca va!
Abstruse, nan!!! Ne meurs paaaaaaaas!!!!! Oui c'est dûr à écrire, mais ça va, de partager toute ma peine, me fais prendre conscience petit à petit que finalement, ma vie d'aujourd'hui elle est chouette et que j'ai vraiment vécu pire... ;-) Et que... Ben je m'en sors pas trop mal! Re-soupiiiiiiir et un ros bisou...
Noisette, très vite, très vite la suite! bisous...
Tite fée, msn bugue sur mon ordi, le wi-fi ça pue!!! Non de °°ràflmhçfhyugrrrrrrrrr°°!!!!
Bref, crotte de bique.
Bon aller, ze suis po vilaine, j'vous concocte la suite ce soaaaaar.....;-)))
;o)
tant mieux parce qu'on est déjà demain ;o)
:-(
Mééééeuh... moi j'ai pas d'ordi à la maison en ce moment alors je vais même pas pouvoir lire la suite si tu la mets ce week-end...
Bon allez, je te laisse jusqu'à 18:00...
Je déconne hein... prends ton temps.... enfin pas trop quand même.... bon, je sors...
Moi, je ne dis rien sur cette note, j'embrassse bien fort la p'tite nana qui écrit cela...
doit être bourrée de tendresse et de gentillesse cette fille, ça se sent...
kikou
j'tavai laisé un com ken g t o cfa é ca na po voulu s'enregistré !!! snifffff!!!! c'est même po drole!!! c'est bien les cour d'anglé ken même pour alé flané sur les blog mdr!!! o cfa les prof mon di kil falé ke je lise + alor c'est ce ke je fé je te li mdr!!!alé gro bizouxxxx la miss je repar o cfa lundi snif!!
C'est trop mimi comme tu racontes ce passage, et d'un naturel!!! Ton récit est poignant... on a envie de t'embrasser à chaque ligne : tu es si touchante dans les pires situations!!!
Et je te suis... te suis... si bien...
Je t'adore, vraiment, tu n'es pas commune, ma lumineuse Stella... A très bientôt...
Mon Abstruse, beuuuuh!! Et là on est après-demain... Pitoyable je suis... pfffffffff!!
Ce matin, je commence à allumer mon ch'tit ordi, lorsque dring! "Vous devriez charger votre batterie au risque de perdre tout votre travail!"
Je cours chercher le fil sous mon canapé, lorsque oupsssssssss.... Quelle poussière, mince.
Je branche, puis la culpabilité d'avoir ma maison poussiéreuse monta. (je suis d'un naturel assez maniaque, mais avec des passages à vide où je boude mon aspirateur. Alors laissant l'ordi, je décide de saisir mon ami et me voilà en train d'aspirer mon tapis, ma cuisine, les chambres des enfants, sous les lits... Puis aller, on va changer tous les draps, sans oublier de trier chaque caisse de jouets... Ah là là! L'heure d'aller les chercher est arrivée très vite, en plus le vendredi soir, c'est vendredi bain! Donc je vous laisse imaginer ma journée remplie! M'enfin quand ma tornade interne de déclenche, je ne sais plus m'arrêter.
Et puis c'est bien plus inspirant d'écrire dans une maison rutilante! ;-)
Noisette, désolée, pardonne-moi! Je peux t'envoyer un chronoposte si tu veux? Mais il arrivera lundi, alors ça revient au même! Pfffff!! Gros bisous bisous!!
Merci Pierrot, mais mon petit doigt me dit que je suis po la seule à être comme cela... ;-)
Merci pour tout..................
Mamag: meuh? Cha va po? Et après ça s'étonne de not spiquer véri ouel... Ralala tu crains!!!!
Enormes bisouxxxxxx et si on se voit po avant, bon couraze pour la s'maine prochaine!
Isis: toi, t'as droit à un rooooooooooooos calin... Mouah!
De quoi paniquer...
...C'est vrai. Une amie très proche a vécu une histoire un peu semblable et ton récit m'a émue. Merci de l'avoir partagé avec nous. Bonne soirée Stella
Moyra,
Merci d'avoir pris le temps de me lire, tu sais, plus j'écris et plus je suis contactée par des femmes qui ont vécu des choses semblables, ça se fait par mail, car je parle de beaucoup de choses tabous, mais s'il y a une grande leçon que je retire depuis que je publie mon histoire, c'est que ça n'arrive pas qu'aux autres et qu'on n'est pas seul...;-)
Bisous et bonne soirée à toi aussi... Oups? m'enfin! Bonne nuit! LOL!! J'vas être fraiche moi encore...
genial
je le kiff de trop ton blog dommage qe tu bloqe des tof
Bonjour Lorie,
Pas de soucis, j'ai débloqué cette fonction, c'était pour protéger mes textes, mais désormais, c'est officiel, ils le sont, donc plus besoin de bloquer la fonction clic droit de vos souris!
Tu peux aller à la pêche aux images!
Merci d'être passée et à bientôt...
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