dimanche 2 octobre 2005
Mon entrée dans la vraie vie
Je me terrai pendant plusieurs semaines, le temps que les stigmates de ce moment de violence disparaissent.
Effacer les traces, toutes les traces.
Tant dans mon âme que sur mon visage, tant dans son cœur que dans ses yeux.
Ce qui me choqua le plus, c'est la réaction de Christophe.
J'aurais voulu qu'il me protège, qu'il nous défende, moi et le bébé qui grandissait dans mon ventre.
Mais il avait peur de tout et de rien, de plus, il respectait mon père et ça m'énervais.
Tout ce qu'il voulait c'est que je lui appartienne à vie.
Un peu paumé, il avait de drôle de manières, sexuellement parlant.
Moi, toute jeune et naïve, 17 ans d'éducation stricte et religieuse, on m'avait enseigné que les relations sexuelles en dehors du mariage n'étaient pas acceptables.
Nous ne parlions jamais de sexe à la maison, je ne connaissais rien de mon intimité ni de la manière dont je pouvais fonctionner.
J'ignorais tout de la sexualité à proprement dit.
Le sujet étant tabou à la maison.
Les rares moments où j'aurais pu prendre un peu de bon temps en solitaire, même ça, c'était défendu par les lois de l'évangile.
Sous peine de se retrouver homosexuel, ce qui était terrible!!
Il m'était arrivé vers mes 14 ans de me toucher, mais je me suis sentie épiée, observée, par Dieu en personne.
Cela m'avait coupée toute envie de recommencer!
Tout ce qui était en dessous de la ceinture était sale, il ne fallait pas en parler.
Alors je laissais mon copain faire, je n'osais pas poser de questions, je donnais mon corps à sa pâture.
Et je fermais les yeux jusqu'à ce qu'il ait terminé.
Il me parlait d'orgasmes, et je découvris que lorsque je simulais le plaisir, il terminait plus rapidement le massacre qu'il causait dans mes entrailles...
Mes parents avaient accepté Christophe à la maison, car sa mère ne supportait pas de le savoir amoureux.
Elle lui avait laissé le choix entre moi ou elle, et il m'avait choisie.
Je voulais partir avec lui lorsque mes parents nous ont proposé de vivre ensemble chez eux.
Ils préféraient accepter la situation sous leur toit plutôt que de me savoir à la rue.
Nous nous étions connus au travail.
Je bossais au Mac Do, caissière puis hôtesse, j'aspirais à devenir Manager, je travaillais dur, passionnée par ce que je faisais.
Lui était là depuis plus longtemps , il était en cuisine et s'occupait de la maintenance.
Un peu fort physiquement, il ne m'attirait pas du tout.
Mais moi je lui plaisais terriblement.
Il avait toujours un compliment à me faire.
Il était drôle et je le considérais surtout comme un bon copain.
Il sentait que je n'avais pas confiance en moi et faisait tout pour m'encourager.
Puis vint un jour où une soirée fût organisée par le boulot.
Ce genre de soirée où je refusais toujours d'aller, car ça ne collait pas trop avec les valeurs que l'on m'avait enfoncées dans le crâne.
Mais je commençais à en avoir marre de passer pour une gamine, car ils pensaient tous que c'était à cause de Papa-Maman que je ne pouvais pas sortir.
Ce qui n'était pas entièrement faux.
J'inventai un gros mensonge comme quoi j'allais dormir chez une copine déprimée, puis je les rejoignis tous sur le parking du Mac Do.
Là, la répartition dans les voitures s'effectua, Christophe manœuvra habilement et je me retrouvai sur ses genoux tous serrés comme des sardines à l'arrière de la voiture d'un collègue.
Je le sentis heureux, il serra ma taille et pendant 2 minutes je m'imaginai être sa petite amie.
Mais non, ce ne pouvait être lui mon prince charmant: trop exubérant, il aimait se mettre en avant sans arrêt, tout était grâce à lui, il s'estimait indispensable à tous.
Il compensait son embonpoint et ses complexes en se vantant, espérant que les autres oublieraient, ne serait-ce que quelques secondes qu'il n'était pas beau.
Mais il avait beaucoup de charme, de chaleur, un rire comme une cascade, il n'était pas moche, mais ne rentrait pas dans les critères "standards" du prince charmant.
Moi je lui trouvais des yeux magnifiques, couleur myosotis…
Mais ça s'arrêtait là.
C'était juste pour lui trouver un bon côté, ne serait-ce qu'une petite qualité, histoire de le supporter toute la soirée!
J'eus pitié de lui, ce qui fit qu'il n'eut aucun mal à s'assoir près de moi dans le Pub où nous passâmes la soirée.
C'était la première fois que je rentrais dans un endroit pareil.
La musique faisait vibrer le plancher, les gens parlaient fort et riaient bruyamment.
J'eus une sorte d'appréhension, comme la peur qu'après cette soirée, plus rien ne serait comme avant.
Mais je mis ça sur le compte de la culpabilité de principe.
Je décidai de me lâcher une bonne fois pour toute, ceci étant ma première vraie soirée, une soirée normale avec des gens de mon âge, normaux et qui savaient s'amuser, eux.
M'amuser!
Etre normale!
Ils avaient tous l'air si heureux!
Bien plus heureux que toutes les mines coincées et renfrognées de l'Église...
J'avalai la première bière de ma vie. Je me souviens qu'elle avait comme un goût de fruits rouges.
C'est certainement pour cette raison que je la bût comme du petit lait.
Christophe s'amusait comme un fou, je le sentait fier d'être à mes côtés.
Il se penchait souvent tout près de moi et me demandait si je m'amusais bien.
Je pouvais sentir son souffle sur mes lèvres, plusieurs fois il aurait pu m'embrasser, mais je détournais la tête, faisant mine de ne rien voir.
Puis sous la table, il attrapa ma main furtivement.
Décontenancée, je la retirai, mais une autre bière plus tard, il la reprit, et je ne la retirai pas. Il la serra fort, nos paumes transpiraient, mais je sentis qu'il était si ému que je n'osais pas le contredire.
Il commanda plusieurs bières, je ne sais plus combien, car à partir de la première, j'étais déjà chiffon.
Je ne pouvais plus aligner un mot devant l'autre sans que tout le monde n'explose de rire.
Je n'ai jamais compris ce que j'avais dit de si drôle cette nuit-là!
Je ne me rappelle plus le nombre d'heures qui s'écoulèrent, probablement autant que de litres de bières bues…
Qui partit en premier, quelle voiture nous ramena?
Tout ce dont je me rappelle, c'est cette douce sensation de ses lèvres sur les miennes…
Nous étions le 1er mai vers 1 heure du matin.
Le lendemain, nous nous étions donnés rendez-vous et tout fier, il m'attendait, un brin de muguet à la main.
Il était tout heureux, tout amoureux, tout chamallow, tout miel!
Je lui ai raconté ma vie, il m'a raconté la sienne, j'aimais plonger dans ses yeux océan, il aimait me serrer fort contre lui.
Il me présenta à ses parents le jour-même, je fus la première petite amie à avoir été présentée, ce fut un évènement!
Mais je sentis de suite un malaise face à sa Maman, elle était tout l'inverse de la mienne et je n'avais jamais côtoyé une femme aussi autoritaire, sûre d'elle, en pleine réussite professionnelle, décidant de tout chez elle: elle m'impressionnait! Je l'enviais secrètement, je l'admirais...
De ce jour, nous sommes devenus inséparables, nous faisions tout ensemble, même travailler! Et lorsque nous ne faisions pas tout à fait les mêmes horaires, l'un attendait que l'autre ait terminé.
Nous flirtions toujours sur les quais de la gare, attendant mon RER.
Parfois, nous en laissions passer plusieurs avant que je m'arrache à lui pour rentrer (souvent en retard!)...
Je lui avais bien préciser qu'il était hors de question que je fasse l'amour avant de me marier, car c'était contraire à ma religion, il avait presque compris!
Je dis presque, car ses caresses se faisaient de plus en plus audacieuses, excusées par son petit rire coquin...
J'eus de plus en plus de mal à le repousser, car il savait comment attiser mon besoin d'affection et il prétextait qu'il m'aimait trop et qu'il avait envie de me le prouver.
Alors parfois je le laissais un peu trop faire...
Mais après j'avais honte en rentrant chez moi, je me lavais dix fois d'affilées pour tenter d'effacer mon péché!
Je le présentai à mes parents comme l'homme de ma vie, pour les rassurer, mais au fond de moi, je ne l'étais pas du tout...
Petit à petit, il grignotais un peu plus de mon innocence et petit à petit j'avais envie de goûter eu fruit défendu...
Il désirait un enfant de moi et je voulais un enfant tout court...
Alors nous décidâmes de franchir le cap, malgré mes interdits...
Ce fut un jour très spécial, un jour où je fus tellement mal à l'aise, qu'il échoua.
Nous sortîmes avec des collègues le soir même.
Bière après bière..., le dernier souvenir vague que je possède de mon baptême dans le monde réel est l'image de la carte bleue de Christophe introduite dans la machine du Formule 1 du coin...
Le lendemain matin, je me réveillai dans le brouillard.
Ma tête résonnait encore de toute cette musique.
Ce n'était pas mon oreiller, ce n'était pas mon lit.
J'étais nue.
Je sentis immédiatement des nausées monter en comprenant ce qu'il s'était passé.
Christophe ronflait à mes côtés, nu lui aussi.
J'avais mal.
Je m'assis, la tête lancinante et un nœud dans la gorge.
Sut-il au moins à quel point j'avais mal?
Qu'il avait salit mon âme à tout jamais?
Non, ce ne pouvait être possible, il ne savait pas le désastre que nous venions de commettre…
Je pris la décision solennelle que l'homme de ma vie, ce serait lui…
Je ne vis à ce moment-là que cette solution pour effacer mon sacrilège, celui de me retrouver nue, dans un lit d'hôtel aux côtés d'un homme que je connaissais depuis peu…
Il
fallait que je sois amoureuse de lui, que je le trouve beau, attirant,
que je trouve la moindre petite chose touchante en lui et que j'efface
tout le reste...
Je me sentais sale, j'avais des nausées, j'avais mal autant de l'intérieur que de l'extérieur.
Je me levai pour voir si une fois sur mes jambes je me sentirais vivante, puis surtout parce que je ne pouvais rester une seconde de plus dans le même lit que celui qui était sensé devenir mon futur mari…
"Pas de relations sexuelles en dehors du mariage!
Ne pas sortir avec un garçon non-membre de l'Église!
Ne pas boire d'alcool!
Ne pas mentir!
Mentir entraine tout un tas d'autres péchés!
Obéir à ses parents!
Ecouter son évêque ainsi que tous ses dirigeants, les commandements, la bible, Dieu!"
J'avais failli à toutes les règles en quelques semaines!
Mon expiation serait de devenir sa femme.
Peut m'importait s'il était bien, nul, beau, moche, gentil méchant, j'aurais tout fait pour réparer ma faute.
Bien des fois de part le passé j'aurais voulu remonter le temps pour réparer mes erreurs, mais à cet instant précis, la roue était tournée de manière irréversible.
Je savais que ma vie d'adulte venait de démarrer et que je venais de faire une "bêtise" d'adulte.
Le genre de délit qui mérite la prison de l'âme et aucune excuse, pas de pardon pour moi, non, pas de pardon.
Je porterais à vie gravé sur mon front "cette fille a forniqué avant le mariage, cette fille est une salope".
Je n'aurais plus qu'à baisser les yeux et courber les épaules sous leurs regards de travers et leurs critiques dans mon dos…
Heureux!
Il était tellement heureux!
Il aimait se pavaner sa main dans la mienne en ville, devant sa famille, nos collègues…
Il pensait que j'étais la femme de sa vie, je croyais que mon cauchemar durerait toute l'éternité.
Il savait parler aux gens, il savait si bien les mettre dans sa poche!
Il avait toujours quelque chose d'incroyable à raconter!
C'était épatant à un tel degré qu'on ne pouvait pas penser qu'il l'avait inventé!
Et pourtant si.
C'était la personne la plus mythomane qu'il m'avait été donné de rencontrer…
Il mentait sans arrêt.
Quand il arrivait en retard, il avait toujours une histoire toute prête.
Quand sa mère lui reprochait de ne pas l'avoir appelée alors qu'elle s'inquiétait, il possédait toute une batterie d'excuses plus ou moins insolites.
Il avait dépensé toute sa paie en jeux vidéos? Non! On lui avait volé son portefeuille.
Il était même capable de se faire un coquard pour faire plus authentique...
Commentaires
banalites d'adolescence
le pire c'est que ca arrive a beaucoup de filles vierges et naives
a 17 ans on ne sais pas ce que lon veut, on est encore des gamines, et il arrive qu'on regrete...moi jai attendu, et je ne regrete pas! alors si une vierge lit ca qu'elle en tire des bonnes conclusions, c'est a dire d'attendre d'etre prete et de tomber sur qqn qui respecte lautre surtout...
xxxxbisousxxxx
oui tu as réson aurore je sui vierge é fiére!! et oué j'es 17an é je ne travaille pas dans un mac-do!!! mdr!!! c vré ke c térible ken ca arive kom ca!!! c drole kar la vi de "stella47" resenble a la mienne mé en plus komen dir plu intence é c bien a 17an ke nou ne prenon po lé même chemin !! mdr!!! une enfence pas tré joilleuse fait une force de caractére qui n'éxistera jamais chez une persone qui as eu une famille une vré!!!enfain bref : bravo encor pour ton roman c vraiment magnifique mé di moi tu la beaucoup romancé cet parti???
Aurore: je suis pas d'accord quand au titre de ton com., ce ne sont pas des "banalités", mais des choses grâves qui peuvent influencer le reste d'une vie. Mais à part ça je suis d'accord, il vaut mieux attendre "le bon moment", mais surtout la bonne personne!
Mag: non, cette partie n'est pas romancée, si tu veux tout savoir! Lol! J't'adore toi!
bien
tres jolie et sa fiat reves merci
De rien, Lilo...
bonjour, je suis un homme et ce que je viens de lire m'a ému. Oui peut être que tu n'accepteras pas que je prenne la parole vu justement que je suis un homme je ne pense pas être différent des autres. J'ai eu cette expérience, avec mon premier amour j'avais tout gacher parce que j'étais pressé de le faire. J'ai fais un petit poème dessus sans importance d'ailleurs car je ne suis pas poète, mais je voulais faire passer mon message autour de moi à ce sujet et faire comprendre aux plus jeunes parmis les filles qu'il vaut mieux attendre que d'être trop pressées et de tout gacher. Dans mon entourage, sur msn, les plus jeunes, les filles de 14,15,même 18 ans, sans aucune honte, me prenant comme leur ami, leur confident, me demandent conseils je leur réponds toujours d'attendre et que se serait plus beau de le faire dans les meilleurs conditions possibles. Je sais que je rentre dans ton univers sans en être invité mais je voulais parler.La plupar des hommes qui liront ceci me prendront surement pour un con mais je pense que j'ai aussi des filles et que je réagis en père de famille. Voila si j'ai pu t'être utile je serais heureux.
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